Ce n'est pas nouveau, ce mal de vivre qui m'habite depuis ma plus tendre adolescence, voire plus loin. C'est vraiment dans ma treizième année que j'ai pris conscience de mon désarois de vivre dans cette vie ( tiens, 13....).
Il fut difficile de trouver le pourquoi, dans ce monde où l'on vous répète à tout bout de champ que nous sommes dans le meilleur des systèmes, que la modernité et la société touchent à l'idéal et que demain sera toujours mieux qu'aujourd'hui.
Pourtant, je ne voyais rien de tout cela autour de moi. Depuis ma naissance et ma prise de conscience au monde, les crises se succédaient et à chaque fois, le mot rigueur était prononcé un peu plus fort encore. Mais si les choses s'arrangeaient un peu, sans jamais revenir au niveau initial, une autre crise venait, puis ainsi de suite.
Alors comment, 35 ans plus tard, peuvent ils nous sortir le même vocabulaire, avec encore plus de conviction?
Ce n'est plus un mystère pour moi.
Pour ce qui est de mon mal-être, également, il n'y a plus de mystère. Je suis un enfant déraciné, coupé de sa source, comme tant d'autres humains de nos jours. Je parle des vraies racines, pas des glands qui nous ont fait pousser sur cette Terre de plus en plus aride ( pardon Papa et Maman, ce n'est en rien pour vous, c'est une métaphore généraliste ). Non, les racines sont beaucoup plus profondes, elles viennent de plusieurs siècles, d'une multitude de générations, d'un ancrage à la Terre, à un pays, à une culture. Et comme souvent, c'est la guerre qui a fait mon déracinement.
La seule culture que l'on m'a enseignée, c'est l'individualisme, la compétition, donner 2 euros ( francs, à l'époque ) si j'en avais 100...
J'ai compris mon dégoût et mon déracinement en lisant et en regardant certains reportages sur des peuplades primitives ou des reportages sur certaines régions européennes ( vous remarquerez que les personnages suivis dans ces reportages sont très bien ancrés sur leur Terre et qu'ils se plaignent tous d'un glissement irréversible dû au tourisme - ou à l'immigration, dans un plus vaste mouvement - ).
J'ai compris en lisant Vincenot, particulièrement.
Je viens de relire celui-ci, éloquent :