J'ai mis le linge dans la machine de la laverie automatique et je suis allé faire quelques courses dans le centre commercial tout proche. Ce n'est pas que j'aime ces nouvelles églises mais je voulais tout concentrer, perdre le moins de temps possible et retourner m'enfermer chez moi.
C'est l'horreur, ces hypermarchés, surtout dans une ville balnéaire, au mois d'Août. Et que je reste planté au milieu avec mon chariot, et que je te bouscule, et qu'on est quatre à choisir le whisky pour ce soir, sans te laisser le moindre passage.
Un génocide ne serait pas de refus dans ces moments là.
Je passe enfin en caisse. C'est un mec qui la tient et je préfère. Ca me rend moins nerveux que les beautés Bac+2 obligées de rester derrière leur machinerie, filmées en permanence.
Il demande aux vieux qui viennent de débaler leur chariot de me laisser la place, car il croit que je n'ai qu'un article, n'ayant pas vu le sac dans mon autre main, rempli de saletés. Les vieux donnent un refus catégorique, sûrement trop pressés de rejoindre leur cimetière où ils rêvent d'être encore vivants.
En passant mes articles, le gars discute. Il m'avoue que sur trois clients, un seul est sympa, les autres sont des cons finis. Oui, les aoutiens sont la pire espèce animale de la planète. Tous ceux qui les subissent le savent.
Je lui dis que je ne pourrais jamais faire son job, que je pèterais les plombs très vite. Cela fait deux heures qu'il est là et il en a plein le cul...
Je lui souhaite bon courage en partant. C'est un gars bien.
Je rejoins mon linge sale et il reste une petite minute. Un femme attend que je la libère, elle qui a déjà toutes les autres en marche. Elle doit faire sa lessive du mois. Femme forte, au visage agréable et souriant, on sympathise de suite.
Je sors mon linge et elle met le sien. J'attends que le sêche linge soit libre, je fume une clope. IIl est 19h, il fait encore chaud. Je garde la tête froide à l'ombre. Elle libère le sèche linge et je lui demande si elle n'en a plus besoin. Elle apprécie en me répondant que non, pas pour l'instant...
Le séchage dure 10 mn et j'observe une belle blonde assise à la terrasse d'un bar à vin et à cidre, de l'autre côté de la rue. J'ai la vague idée furtive d'y aller passer le temps, jusqu'à ce qu'un narvalo arrive en Renault décapotée, musique à fond, se gare et aille prétencieusement sur les lieux...
Alors je préfère rester là, regarder les maisons individuelles du lotissement, froides comme la mort. Le rond point en bas du centre commercial que personne ou presque ne sait négocier, les coups de klaxon, les insultes...
Je déteste cette ville et je ne suis vraiment pas fait pour vivre dans cette société. J'ai presque envie de vomir.
Je range rapidement mon linge dans le sac, la lessiveuse mensuelle ayant besoin du sèche linge. Je lui souhaite bon courage et bonne soirée en partant. Je sens qu'elle apprécie.
Moi aussi, gentille inconnue, j'ai très apprécié. Je suis parti de là pas tout à fait dégoûté.
Merci.