En ce mois de Septembre 2012, les observations satellitaires ont fait état d'un nouveau record minimal de l'extension de la glace de mer en Arctique, le précédent ayant été atteint en 2007.
Les médias, peu soucieux d'investigation, en ont fait leurs gros titres et la plupart en ont tiré des conclusions quelque peu hâtives. Certains, parmi les plus connus de la presse écrite, ont assuré leurs lecteurs qu'il s'agissait-là d'une "preuve" définitive du caractère anthropique du réchauffement climatique, outrepassant très largement ce que les observations objectives permettent de conclure. D'autres - parfois les mêmes - n'ont pas hésité à affirmer à leurs lecteurs/auditeurs qu'il s'agissait là d'un minimum "historique" alors que, faute de moyens d'observations, on ne sait que très peu de choses sur l'extension des mers glacées polaires, avant les années 80, c'est à dire avant 32 ans. Doit-on comprendre que, pour ces auteurs, "l'Histoire" n'a commencé qu'en 1979 ?
D'autant plus que l'on sait que l'océan arctique était libre de glace, il y a quelques 5 à 10000 ans, lors du maximum de l'holocène et que de nombreux récits des navigateurs et de scientifiques du siècle dernier et du précédent (voir, par exemple, cette communication officielle citée par Lindzen) nous affirment qu'à certaines époques l'Arctique fondait de manière alarmante... pour se reconstituer dans les décennies suivantes.
De fait, le caractère exceptionnel de ce qui s'est passé en Arctique cette année, durant la période de fonte où la glace arctique est la plus fragile, n'a pas échappé aux observateurs attentifs qui suivent, jour après jour, les évolutions des couvertures glacées et les conditions météorologiques qui règnent au pôle Nord. Cependant, il a fallu attendre que la NASA, elle-même, publie dans la deuxième quinzaine de Septembre, plusieurs communiqués, images et vidéo à l'appui, montrant ce qui s'était réellement passé et qui permet d'expliquer la disparition brutale d'une fraction considérable de la glace arctique en Août 2012, conduisant ainsi au record de cette année.
Comme à l'accoutumée, la presse et les médias francophones n'ont, par la suite, donné aucun écho à ces explications, pourtant aussi claires que spectaculaires, de la NASA et ceci malgré un communiqué de presse de l'Agence Reuters intitulé "La NASA déclare que le cyclone sur l'Arctique a joué un "rôle déterminant" dans la fonte record".
Tout comme ces mêmes médias n'ont guère informé leur public que, pendant cette même période, l'extension de la glace de banquise Antarctique s'acheminait, elle, vers son record d'extension (maximale) depuis que nous avons accès à une vision d'ensemble de l'état des mers glacées du globe, c'est-à-dire depuis une trentaine d'année.
Voici donc, abondamment illustrée par des documents officiels et une animation réalisée à partir des données officielles par l'auteur de ce site, l'histoire du minimum 2012 de l'extension de la glace de la mer Arctique, et, comme la terre a deux pôles, nous n'oublierons pas de mentionner le record maximal de l'extension de la glace de mer antarctique qui vient également d'être battu ces jours-ci.
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Note de Ferlin :
Le niveau des glaces remontent plus tôt et beaucoup plus vite qu'en 2007, dès la fin de l'été.
http://nsidc.org/data/seaice_index/images/daily_images/N_timeseries.png